Nota : le texte qui suit, publié le 3/09/2009 ne tient pas compte de l’adoption finale de la taxe carbone à 17€ ni de l’objectif non chiffré de ses augmentations ultérieures, qui ne changent pas grand chose au final.

taxe carbone

La taxe carbone est finalement décidée dès la loi de finance 2010, mais à 14€ la tonne de CO2, contre 32€ proposé par le comité d’experts sur la taxe carbone présidé par Michel Rocard.

Elle est ainsi alignée sur sur le prix du marché carbone, lequel est déconnecté de toute efficacité environnementale.
A titre d’exemple, cette taxe CO2 est de l’ordre de 100€ en Suède alors que Jean-Marc Jancovici préconise une valeur de 1500€ la tonne (de carbone).

Quand le MEDEF et le Parti socialiste tombent d’accord, c’est que l’anguille sous roche devient un gros poisson ...

Pourtant, paradoxalement, une véritable taxe carbone, telle qu’appliquée en Suède aurait eu sur le long terme un effet social positif.

En appliquant une taxe allégée, nos politiques tournent le dos à l’inéluctable augmentation des prix des produits pétroliers, et l’histoire a montré que les hausses de prix de traduisent par des chocs, et sans la crise des subprimes de 2007 suivie de celle des banques en 2008, le pétrole caracolerait au delà des 150$ le barril.

Un rendez-vous raté

Le prochain choc pétrolier aura un effet social assurément délétère et ce n’est pas la taxe "carbone 14" qui va permettre de préparer les ménages et les fournisseurs de produits (véhicules, équipements ménagers, matériaux de construction, etc).

Alors qu’il y a deux ans, le prix des carburants était 40 centimes d’Euro plus élevé qu’aujourd’hui, le pétrole actuellement à prix doux aurait été l’occasion pour l’état de percevoir des vrais revenus de cette taxe carbone, pour les redistribuer sous forme d’incitations écologiques comportant un volet social ... et de se donner une marge de manoeuvre à la baisse pour diminuer l’effet du prochain choc pétrolier.

Quand la crise financière se tarira

quitter le pétrole avant qu'il ne nous quitte Comme les prix du pétrole ont baissé, les compagnies pétrolières sont peu motivées à se lancer dans des investissements pour développer de nouveaux gisements (plus de cent milliards de dollars de nouveaux projets pétroliers ont été annulés).
Ce qui signifie que, dans les cinq prochaines années, lorsqu’il y aura un regain de l’économie et un sursaut de la demande en pétrole, il y aura moins de pétrole sur le marché que si ces investissements avaient été réalisés. De plus, les pays exportateurs sont confrontés à une demande intérieure en hausse, qu’ils satisfont en priorité, avant de vendre le surplus sur le marché mondial.

D’après Richard Heinberg, un des principaux spécialistes de la question du pic pétrolier, nous risquons d’être confrontés dans les toutes prochaines années à des prix très élevés des carburants et à la raréfaction des ressources fossiles - y compris du charbon, dont les réserves ont été largement surestimées. Dès que l’économie va repartir, la demande va augmenter et se heurter aux limites des ressources fossiles, ce qui pourrait projeter l’économie dans une spirale de récession encore plus vertigineuse.

Pour aller plus loin

 

Dernière mise à jour le mardi 3 août 2010.
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